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 Allaitement maternel : le retard français

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Aliza
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MessageSujet: Allaitement maternel : le retard français   Dim 06 Fév 2005, 12:02

Allaitement maternel
Allaitement maternel : le retard français

Alors que les bienfaits du lait maternel sont unanimement reconnus, la France reste loin derrière ses voisins européens. Explications.


En France, en sortant de la maternité, seule une femme sur deux allaite son bébé, et cette proportion chute très vite. Dans tous les autres pays industrialisés, le taux d'allaitement est beaucoup plus élevé. Pourquoi un tel décalage alors que les bienfaits du lait maternel sont reconnus de tous? Si l'on considère l'allaitement exclusif (sans biberon de complément), on constate que seuls 15% des bébés de 0 à 4 mois sont nourris au sein. Pourtant, différents sondages montrent que la majorité des femmes souhaitent allaiter leur enfant(1). Pourquoi alors sont-elles si peu nombreuses à le faire? L'allaitement n'est-il pas une chose naturelle qui se met en place si la mère le souhaite? En fait, cette affirmation est à la fois vraie et fausse. Il s'agit bien d'un processus naturel mais qui peut être entravé si on ne lui offre pas l'environnement adéquat. Dans les années 1960-70, l'obsession était de réduire la mortalité périnatale. Louable souci mais qui a entraîné toute une série de pratiques: séparation précoce de la mère et de son bébé, tétées à heure fixe, recours systématique aux biberons de complément, mise en pouponnière la nuit, toutes préjudiciables à l'allaitement naturel. En quelques décennies, l'allaitement maternel a cédé de plus en plus la place au biberon. Si les femmes n'allaitent plus, disait-on, cela vient d'elles, elles n'ont plus de lait ou bien leur lait n'est pas bon. On évoquait le mode de vie moderne sans chercher plus loin. De toute façon, le biberon et le lait artificiel étaient là. Pédiatre à Vire (14), le Dr André Marchalot se souvient encore de la réponse de son patron de pédiatrie à propos de sa fille qui pleurait un peu le soir: «Tu t'emm... pas, tu lui donnes le biberon, de la farine et un somnifère le soir et on n'en parle plus.»

Cachez ce sein...

Des professionnels de santé ont cherché à comprendre leur impuissance à aider les femmes qui voulaient allaiter. «Il y a vingt ans, explique le Pr Dominique Turcq, chef de l'unité de gastro-entérologie pédiatrique à la clinique Jeanne-de-Flandre, à Lille (59), l'allaitement était un sujet de mépris total. Les femmes étaient mieux informées sur la marque de la poussette que sur l'allaitement maternel. Je me suis rendu compte que nous avions des pratiques néfastes pour l'allaitement. L'urgence n'est pas de récurer l'enfant à trois minutes de vie, mais de lui faire un gros câlin sur le ventre de maman, avec papa à côté.»Cette prise de conscience est loin d'être généralisée, et l'enseignement n'est pas fait pour la susciter. Le cours sur l'allaitement destiné aux médecins tient en une heure et s'intitule «l'allaitement et ses complications»... Quant aux études de sages-femmes et de puéricultrices, «leur contenu est très loin de la réalité de terrain, affirme Marie Thirion, pédiatre et responsable de l'institut de formation Co-Naître. Par exemple, on ne leur donne pas les critères pour évaluer si le bébé tète bien. En revanche, les cours consacrent beaucoup de temps à la façon de laver les biberons.»Actuellement, il est très difficile pour une future mère de savoir si une maternité lui offrira des conditions nécessaires pour mettre en route l'allaitement de son enfant. Les témoignages reçus montrent que les mères ont souvent des conseils contradictoires qui les ont fortement déstabilisées (voir encadré). Et les erreurs sont nombreuses : séparation précoce, allaitement à heure fixe, biberons donnés très tôt, absence de conseils sur les positions à adopter.

Évolutions positives à l'étranger

À l'étranger, la réaction à la diminution de l'allaitement maternel a été rapide. En vingt ans, la Suède est passée de 30 % d'allaitement à 95 %. En Norvège, la quasi-totalité des femmes allaitent aujourd'hui leur bébé à la naissance, et 80 % à six mois. Partout en Europe, les chiffres, en nette augmentation, sont largement supérieurs à la France. Qu'ont-ils fait de plus? Le tournant a été pris en 1981 lorsque l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a voté un code international de commercialisation des substituts du lait maternel à l'intention des industries et des gouvernements. Ce code réglementait la promotion et la vente de tout substitut de lait maternel. En 1991, l'Union européenne reprend ces conseils dans une directive tandis que l'OMS et l'Unicef lancent en 1992 l'Initiative hôpital ami des bébés (IHAB, voir encadré). Si, en Suède et en Norvège, la quasi-totalité des maternités ont le label IHAB, la plupart des pays ont entrepris une politique d'aide à l'allaitement maternel: application précoce du code sur le lait artificiel, formation des professionnels de santé, reprise de la charte de l'IHAB par les ministères de la Santé, comité national d'allaitement...En France, ce n'est qu'en 1998 qu'est promulgué le décret d'application concernant les documents relatifs à l'alimentation des bébés de 0 à 4 mois. Dans la pratique, il est loin d'être toujours respecté, en particulier en ce qui concerne l'obligation de faire figurer «les avantages et la supériorité de l'allaitement au sein» (art.1 du décret n° 98-688 du 30/7/98). «Outre les nombreuses publicités pour l'allaitement artificiel, constate Nathalie Roques, présidente de l'association Information pour l'allaitement, les revues destinées au grand public véhiculent très souvent des idées nocives comme le conseil d'introduire précocement le biberon pour familiariser l'enfant avec la tétine.»(2)Malgré l'interdiction faite aux industriels de distribuer des cadeaux promotionnels aux maternités, celles-ci n'ont pas coupé les ponts. Par le biais de leurs associations entièrement subventionnées par les fabricants de lait de substitution, les maternités financent l'achat de matériel ou des formations pour le personnel. Il faudrait être naïf pour penser que le taux d'allaitement maternel n'a rien à voir à l'affaire.

Le poids des pratiques culturelles

L'influence encore très forte des fabricants de lait artificiel n'explique pas tout. Pour Nathalie Roques, la «culture de séparation mère-enfant» est fort ancienne dans notre pays(3). À la veille de la Révolution française, 90% des nouveau-nés parisiens étaient envoyés en nourrice à la campagne et, au milieu du XIXe siècle, la moitié des bébés français étaient éloignés du domicile de leurs parents. Ces pratiques n'ont pas été remises en cause par la psychologie moderne qui a toujours fortement valorisé la séparation précoce comme facteur d'autonomie de l'enfant. Jusqu'au mouvement féministe français qui a stigmatisé l'allaitement comme source d'aliénation des femmes. «En France, déclare Gisèle Laviole, consultante en lactation en région parisienne, le combat féministe, c'était la contraception, la place sur le marché du travail, le reste était ringard. En Europe du Nord, au contraire, les femmes ont dit : on veut prendre toute notre place sur la scène nationale avec tout ce qu'on est. Mais on veut aussi avoir nos enfants, pouvoir les allaiter.»

Révolution en vue

Les choses sont en train de changer. La maternité de Lons-le-Saunier (39) a été la première en France à être qualifiée «amie des bébés» (voir encadré), une seconde doit être évaluée ce printemps et d'autres ont manifesté leur désir d'obtenir le label.Les professionnels de santé souhaitent également être mieux formés. «La grande nouveauté, constate le Dr Claire Laurent, qui consulte en PMI et a organisé l'évaluation de la maternité de Lons-le-Saunier, c'est qu'ils sont prêts à renvoyer sur des confrères compétents ou des associations de femmes car, désormais, ils savent qu'ils ne savent pas.» Pour nombre de médecins, c'est une véritable révolution culturelle. Autre nouvelle de bon augure, la création d'un groupe au sein de l'Anaes (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé), qui devrait publier des recommandations pratiques avant la fin de l'année et la mise en place d'un diplôme universitaire dans le service du Pr Jean-Claude Pons, à Grenoble. De quoi espérer que les femmes auront bientôt les moyens de mener à bien leur projet d'allaiter dans toutes les maternités. Tant que cela ne sera pas le cas, on ne pourra pas parler de véritable liberté de choix.


http://www.quechoisir.org/Article.jsp;jsessionid=QHAZXHWR0LQZJDNS0C1HNKQ?id=Ressources:Articles:396E2D7E238A3113C1256B9D004B89AC
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grandma2
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MessageSujet: Re: Allaitement maternel : le retard français   Dim 06 Fév 2005, 13:22

A ce jour seulement trois maternités ont le label
- Lons le Saugnier ( qui étaient les premiers)
- Roubaix
- Cognac

Ce qui pose pb aux autres hostos pour obtenir le label est essentiellement :
- la difficulté qu'il y a à réorganiser leur service de sorte à respecter les 10 conditions. Il faut impliquer tout le monde et il y a toujours des puers ou des SF, des tout-bib ou autre qui rechignent et croient déjà tout savoir sur le sujet.
- le fait de ne donner aucun bib "de complément"
- respecter la proximité mère bébé, alors que la logique de la plupart des services français consiste à enlever les BB notamment la nuit, afin que les SF et puers ne soient pas dérangées par ces insupportables mères que nous sommes qui pourraient sonner pour leur demander de l'aide


5 enfants : F, allaitée 3 mois, F pas allaitée, G allaité 4 ans, G né en mars 2004, sevré en oct 2006, G né en février 2007, bien évidemment allaité
One who bears her children is a mother in part
But she who nurses her children is a mother at heart
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kahmy
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MessageSujet: Re: Allaitement maternel : le retard français   Dim 06 Fév 2005, 18:23

Un bon démarrage de l'allaitement à la maternité est indispensable c'est sûr.

Mais en France avec 10 semaines de congé post-natal, cela relève du miracle de poursuivre l'allaitement en travaillant. Pour ma deuxième j'ai repris le boulot à six mois et demi. Pour le troisième, je pense attendre qu'il/elle ait au moins 9-10 mois. Et je choisirai une nounou à côté du boulot.
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Cilou

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MessageSujet: Re: Allaitement maternel : le retard français   Dim 06 Fév 2005, 22:16

T'as raison kahmy !
Quand on pense qu'en Suéde le congés parental est rémunéré à 80% du salaire et qu'en France on ne touche que 500 et quelques € !! Pour situer , on va être obligé de déménager pour que je puisse être en CP , c'est honteux !!! Ce n'est pas un luxe d'aider son enfant à grandir !
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